THE STORYKEEPERS PROJECT #15: THÉODULE – A CAJUN FOLKTALE

BEVERLY MATHERNE for THE STORYKEEPERS PROJECT

Why a Cajun folktale? Life in the ‘French River World’ involved extensive travel – from Quebec and Acadia, to the Great Lakes, and beyond, including many voyages up and down the Mississippi between the centers of French life. Writer Beverly Matherne, a Louisiana native and longtime resident of the Upper Peninsula, brings to life such cultural intersections in the story ‘Théodule.’ In both English and French she offers her version of a tale she heard among speakers of Occitan in Southwest France. Filtered through a Cajun worldview, the character Théodule rings familiar to people marginalized because of their language and culture, an experience of Occitan speakers, Cajuns, and French Canadians alike.—ed.

THÉODULE: A CAJUN FOLKTALE

Along the Mississippi River in Louisiana, before sugar cane growing became mechanized and required the use of huge harvesters, Cajun neighbors helped one another with the harvest, using machetes to cut the cane and then setting the stalks afire. The following folktale takes place during this historical time.—Au.

In October, during sugar cane season, two workers a little over 50 noticed that the parish priest had hired the beautiful young Jeannette from the farm next door to take care of chickens and ducks in the pasture of the rectory.

Every morning, she fed them corn, keeping cobs for the cows. She gathered eggs, too, all that, while the priest helped parishioners in the fields.

After her outdoor chores, she entered the rectory to prepare the priest’s midday meal: good catfish or maque-choux.

Two rascals, who hid behind huge banana trees, noticed that the priest returned to eat every day at 11 in the morning and how afterwards, he and Jeannette sat on the back steps to talk. Intrigued by the regularity of their conversations, the two men decided to spy upon them.

They set out to find Théodule, the simpleton of the village, and offered him a nickel if he would climb up the centuries-old oak behind the rectory to overhear the conversation between the priest and the girl.

So, the next day, Théodule climbed to the top of the tree and hid behind the foliage of a huge branch. The two rascals giggled behind the banana trees, practically peeing all over themselves.

Their meal finished, the priest and Jeannette sat in the shade of the oak, resting against the trunk. They exchanged several sentences, and the priest started to caress Jeanette.

“So, we’re going to do it?” he asked.

“Oh, no!” Jeannette answered. “If I have a baby, I won’t have money to feed, dress, and take care of it. I don’t have anything. How would I manage?”

“Don’t worry,” said the priest, lifting his arm to heaven, seemingly pointing to the oak branches, “The One up above will take care of it.”

Théodule, thinking the priest was referring to him, cried out in protest: “You fools, if you have a baby, don’t count on me to take care of it. I have way too many other things to worry about!”

When the priest heard these words, he fainted. Jeannette bolted across the fields, chickens and ducks clucking and honking and kicking up dust. When the priest came to, he ran like a mad man  all the way to New Orleans.

The two workers broke into laughter. Each paid Théodule a nickel. Théodule beamed, having doubled his gains. He left, already seeing himself tipsy, doing the jig and the two-step at the evening dance.

THÉODULE: UN CONTE CADIEN

En Louisiane, le long du Mississippi, avant la motorisation de la culture de la canne à sucre avec ses grandes moissoneuses durant la roulaison, les Cadiens s’entraidaient à couper les  bȃtons de canne avec leurs machettes et puis  brȗler les clos. Le conte suivant se déroule à cette époque-là :

En octobre, durant la roulaison, deux ouvriers d’une bonne cinquantaine remarquaient que le prêtre de la paroisse avait engagé la belle et jeune Jeannette de la ferme voisine pour qu’elle s’occupe des poulets et des canards de la savanne du presbytère.

Tous les matins, elle leur donnait des graines de maïs et elle gardait les cotons-maïs pour les vâches. Elle ramassait aussi les œufs, tout ça tandis que le prêtre aidait les paroissiens dans les clos.

Après ses travaux à l’extérieur, la belle entrait au presbytère où elle préparait le dîner du prêtre : de la bonne barbue, ou du bon maque-choux.

Deux canailles, qui se cachaient derrière de grands bananiers, avaient remarqué que le prêtre rentrait dîner au presbytère tous les jours à onze heures et qu’après Jeannette et lui s’asseyaient à bavarder sur les marches derrière la maison. Intrigués par la régularité de leurs entretiens, les deux hommes décidèrent de les épier en douce.

Ils allèrent trouver Théodule, le gribouille du village. Ils lui offrirent un cinq-sous s’il grimperait dans le vieux chêne derrière le presbytère, pour écouter le prêtre et la jeune.

Ça fait que le lendemain, Théodule monta au sommet du chêne et se cacha derrière le feuillage d’une énorme branche. Les deux vilains ricanaient derrière les bananiers et avaient du mal à garder le silence.

Le repas terminé, le prêtre et Jeannette s’assirent à l’ombre du chêne, le dos appuyé contre le tronc. Ils échangèrent plusieurs phrases et le prêtre commença à caresser Jeanette.

— Alors, on va le faire ?
— Oh non, dit-elle. Si j’ai un enfant, je vais pas avoir assez d’argent pour le nourrir, pour l’habiller et pour m’en occuper. Je n’ai rien. Comment je pourrais me galoper.

— Ne t’inquiète pas, dit le prêtre en levant un bras vers les cieux, comme s’il indiquait du doigt les branches du chêne. C’est Lui là-haut qui s’en occupera.

Théodule, croyant que le prêtre parlait de lui, s’écria:

— Vous couillons, si vous avez un enfant, ne comptez pas sur moi pour que je m’en occupe. J’ai trop d’autres choses à me giguler.

Quand le prêtre entendit ces paroles, il perdit connaissance. Jeannette, elle, partit en courant à travers les clos, et les poules et les canards effrayés se mirent à pousser des cris dans un tourbillon de poussière. Quand le prêtre repris connaissance, il s’échappa mors aux dents à la Nouvelle-Orléans. Les deux ouvriers éclatèrent de rire. Chacun paya un cinq-sous à Théodule. Et lui, il quiaqua parce qu’il avait doublé son profit. Il partit à toute vitesse se voyant déja tchaqué au bal à soir et faisant le jig et le two-step.


 

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